mercredi 10 février 2010

Seize heures...

Encore la poudreuse. Encore les soucis de circulation. Les embarras causés par des rues trop pentues ou des côtes trop raides. L'hiver renonce à finir et pourtant les narcisses montent du col. J'ai envie de senteurs dans la cuisine, d'odeurs qui gagnent les autres pièces et qui se mélangeront avec l'âcre parfum des bûches dans l'âtre. Au menu de ce soir, la joue de boeuf aux carottes. La bouchère fait vite ce qu'il faut pour couper en gros morceaux la viande. Elle a écourté, à cause de la neige, sa tournée des villages voisins. Elle conduit sa camionnette de rues en places à la rencontre du client. "Je faisais déjà ainsi avec ma mère".. Mais aujourd'hui, les choses ont changé. Celles et ceux qui s'approchent de l'étal mobile sont vieux. Souvent très vieux. Des habitués en quête de moments de tendresse et d'attention. Ils ne seront pas remplacés par leurs enfants qui préfèrent la grande surface ou le surgelé. La jeune bouchère a du tempérament, elle parle haut, vite et fort et ne se sépare jamais de son sourire. Je dois laisser cuire pendant deux heures les morceaux de boeuf préalablement dorés. Les carottes coupées en morceaux, ont discuté avec l'oignon pelé, émincé, les échalotes et la gousse d'ail. Un peu de farine.
J'ai mouillé d'un vin rouge de Bourgogne. J'ai ajouté un bouquet garni. j'ai salé et poivré. Il reste au plat à cuire une grande belle bonne heure. Tout cela ? Oui... De nouvelles Nicola seront plongées dans l'eau bouillante dans une bonne heure et demi. J'entends le ronronnement de la hotte aspirante. J'entends les rares voitures qui s'aventurent dans la rue. J'entends, en faisant bien attention, le bruit du flocon qui se fracasse sur le sol.

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