samedi 13 février 2010

Nouilles chinoises (2)


De revoir les images de ce film vieux de vingt-cinq ans qui m'avait, à l'époque, troublée et enthousiasmée me donne une idée du temps qu'il faut consacrer à ce que l'on aime, à ceux que l'on aime. On peut laisser faire la cuisson mais pas l'éducation. J'aime les nouilles chinoises qui cuisent vite dans la presque vapeur de l'eau bouillante. J'aime les gens qui s'embrasent vite dans la presque vigueur d'un repas bouillant. Je ne dis rien du plaisir que j'ai ce soir à retrouver des saveurs d'ailleurs que je parviens à produire ici. Je viens de regarder des moments si lointains déjà de ma vie qui me sont encore bien proches. Bien cuire les pâtes. Simple comme défi et parfait comme objectif. Ne rien demander d'autre que l'ordinaire. Je reviens sur la cuisson des repas du soir dans la maison que j'habitais, petite fille. L'importance de la ponctualité du repas qui récompensait le travail de mon père, l'importance de la sauce qui racontait la cuisson et le temps passé à préparer le repas. L'importance d'avoir , dans l'assiette, un équilibre entre les légumes, les pommes de terre et la viande. Un équilibre presque géographique. Je ne comprendrai tout cela que bien plus tard. Maintenant, je devine l'importance d'un couvercle sur la casserole, d'une pincée de sel en plus, d'un coup de fouet supplémentaire, d'un peu de crème au lieu d'un peu de lait. Avant, je croyais que les choses venaient d'elles-mêmes.

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