mercredi 17 février 2010

Macaronis...


« macaronis » est ici le surnom péjoratif employé aujourd'hui encore pour désigner les immigrés italiens. Cinquième ou sixième génération d'immigrés. « Macaronis », employé la plupart du temps au pluriel, est aussi, ajoute le dictionnaire de la toile, le terme sous lequel on désigne une catégorie de jeunes voyageurs du monde britannique de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècles, qui affectent d'emprunter des us et coutumes étrangères. Les ancêtres des dandys. "macaronis" ou tchitchos, mougneû d'tubes, c'est, en Wallonie, l'ordinaire du racisme des années soixante et septante. Ceux qui sont venus travailler ici étaient de petite taille. J'étais en classe à côté de filles d'Italie, rondes et petites. Les italiennes ont grandi, en taille, en se mariant à l'indigène. En fonction, en s'intégrant dans la vie sociale. Elles sont ministrables depuis huit lustres et ministrées depuis quatre. Une intégration réussie. Aujourd'hui, après douze lustres, tout le monde s'interroge sur le foulard et l'islam. Les italiennes aussi. Nouvelle case départ et dilution politique et sociale. Je ne saurai rien de la fin de l'histoire. Mes petits-enfants, oui. Tout cela pour dire que les macaronis étaient longs et lourds. Nappés d'une sauce douce à base de tomates et de lard, alanguie au fromage et de lamelles d'aubergines. J'aspire les pâtes. Cela fait un doux bruit de respiration. A l'envers. Respirer son repas. L'aspirer. Ne rien devoir soupirer, surtout pas des regrets. Je me trouve très impliquée ce soir. Très politique. J'irai dormir tôt.

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