
Les dos de bar sont soigneusement coupés en morceaux. Ils sont recouverts d’un mélange odorant d’huile, de moutarde, de chapelure, de persil et de cerfeuil. Ils finissent au four pendant dix minutes. Les pommes de terre se font écraser en purée à laquelle je mélange deux petits chèvres.

Je n’ai pas oublié de saler et de poivrer le tout. Des tomates ailleurs mariées dans l’huile sont éclaboussées de lamelles de basilic. l’usage veut que la purée repose sur l’assiette, qu’elle se coiffe du morceau de poisson et de sa sauce aux légumes verts.

Le four est sollicité, la plaque chauffante aussi et le cru vient se mêler de l’affaire. En bouche, le partage des saveurs est parfait... On mange en silence. Le vieux papy ose un Vacqueyras et je me laisse bercer par un rosé glacé. Iconoclastes. Mais bienheureux. La recette est d’un maître. D’un de ces rapides du four et de l’assiette. J’y ai mis le temps. Je pense qu’il faut mettre le temps quand on débute et qu’on s’essaie au rare et au différent. J’aime quand le vieux papy goûte et s’accroche aux saveurs, quand il suce et cherche. Quand il fignole et ronronne. Quand il ne fait plus la différence entre ses doigts et sa fourchette. Anniversaire de ma compagne de toujours, Martine vieillit mais tellement bien. J’ai l’impression qu’elle est ma sœur, ma fille ou ma complice sauvage. Elle revient de l’Egypte brûlante. je lui raconte la provence sèche. Une belle soirée. Faite de partages et de retenues.
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