dimanche 25 novembre 2007

Dimanche


Message de Caro qui fait tellement plaisir. Encore de ces moments liés aux jeux du grand Saint. Quand j'étais enfant, la nuit d'avant, la longue veillée, avait des parfums rares et des silences tellement bruyants. A vrai dire, je restais éveillée. Le plus longtemps possible. A l'affut du moindre bruit. Il fallait bien qu'il passe ce soir, le grand et j'allais quand même finir par le voir, au moins une fois... Raté, toujours raté parce que le sommeil avait raison de moi. Que la chaleur finissait par m'engourdir et que je laissais filer mon rêve. Au petit jour, tout y était du jouet au vêtement. Ce que je voulais. Jamais compris comment il faisait pour tout savoir de mes envies les plus secrètes... Jamais compris...

1 commentaire:

Anonyme a dit…

En ouvrant encore un peu le livre aux souvenirs...
Le grand saint, je voulais m'en rapprocher discrètement, assise sur l'appui de la fenêtre du haut des escaliers d'Emptinal. Je retenais mon souffle en caressant les feuilles du lierre qui, résistant à l'hiver, se faufilaient sous la plaque en bois sur laquelle j'étais recroquevillée. Je mesurais ma respiration en écoutant le murmure des chuchotements en bas, les papiers froissés derrière la porte du salon restée fermée, le goût des sourires étouffés dans le rai de lumière qui filtrait sous la porte. J'imaginais le grand Nicolas mouiller sa barbe avec le verre de lait puis celui de bière spéciale déposé devant la cheminée et me demandais si l'âne rentrait dans la maison pour engloutir les carottes laissées pour lui sur l'assiette creuse... J'ai attendu des minutes interminables, le corps engourdi devant la buée de la vitre que réchauffait mon souffle retenu. Lorsque tout se calmait, un peu inquiète de mon indiscrétion, j'allais me réfugier enfin sous la couette, impatiente, heureuse, excitée et ... épuisée.