Le repassage consiste à lisser une pièce de tissu, généralement les vêtements et le linge de maison venant d'être lavés, afin d'en retirer les plis. Ainsi avancé dans le langage, le repassage n'a rien d'une obligation ou d'une corvée comme peuvent le ressentir les plus jeunes d'aujourd'hui. L'outil principalement utilisé est appelé fer à repasser, bien que de nos jours, celui-ci ne soit plus constitué de fer. J'ai le souvenir de cinq ou six fers qui chauffaient à tour de rôle pour permettre le repassage sans interruption. c'était la cuisinière qui avait charge de les monter à température, comme elle le faisait des briques réfractaires qui servaient de bouillottes dans nos lits glacés ou encore aux chaussures d'intérieurs qu'on laissait s'imprégner de chaleur.
Techniquement, le repassage défait les liens entre les longues molécules de polymère des fibres du tissus. Les molécules chauffées sont redressées par le poids du fer puis prennent leur nouvelle forme en refroidissant. Certains tissus, tel le coton, exigent un apport d'eau, de vapeur brûlante afin que les liens intermoléculaires se défassent. Beaucoup de tissus modernes sont censés ne nécessiter qu'un simple coup de fer ou pas de repassage du tout.
La toile à raison. Les jeunes couples d'aujourd'hui ignorent déjà les vertus du repassage. Les familles les plus modestes ici, achètent une chemise ou une vareuse qu'elles renonceront à laver et repasser tant le prix d'achat du vêtement est bas. Jeter et acheter à nouveau.
Des casseroles en métal remplies de charbon de bois ont été utilisées pour lisser les tissus en Chine au premier siècle av. J.-C.. À partir du xviie siècle, en Europe, on commence à employer des outils en fonte de forme triangulaire et munis d'une poignée que l'on chauffe dans un feu. Par la suite, on utilisa une boîte en fer remplie de charbons chauds périodiquement aérés à l'aide d'un soufflet attaché. Ce type de fer était en vente aux États-Unis au moins jusqu'en 1902.
Dans le monde industrialisé, ces conceptions ont été remplacées par le fer électrique, chauffé au moyen d'une résistance électrique. La partie métallique, appelée semelle, n'est plus faite de fer mais d'aluminium, plus léger. L'élément de chauffe est commandé par un thermostat qui maintient la température souhaitée. Je suis d'une origine où le vêtement repassé était un gage d'équilibre familial, de reconnaissance de la valeur du travail de l'homme qui l'accomplissait.D'un statut social donc.
La femme repassait là où l'homme se dépassait.
Ma mère lançait le fer sur les nappes et les draps, comme s'il s'était agi d'un ballet. Il y a dans les odeurs pures et fraîches d'un linge à repasser comme une belle reconstruction permanente. Il y a deux ans, j'ai appris à ma petite-fille à repasser. Nous étions à Carpentras, c'était l'été et nous adorions heureuses de poser ces gestes simples. Dans une belle envie de découvrir un si tendre apprentissage. Aujourd'hui, je jette la vapeur chaque jour sur les chemises du papy. Il part au travail avec le col raide et les plis rares dans le dos. Je ne pourrais pas imaginer une chemise ou un pentalon sans les marques de l'attention.
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