vendredi 2 novembre 2007

Chaises

L’automne éloigne du jardin. Doucement. Je ne me résigne pas encore à rentrer les chaises. Je les laisse se reposer dans le frais, s’étendre dans le carré. Je les laisse comploter avec les minuscules araignées et les feuilles claires; Je ne me résigne pas à les laver une dernière fois, une fois bien différente de celle que peut faire l’averse sur leur dos ou leurs bras. Un bain mousseux et rude d’avant hiver. Mais je les laisse encore un jour, une semaine comme des enfants qu’on laisse jouer sans y prendre garde. Les chaises, c’est le souvenir des deux saisons chaudes. Le souvenir de ceux qui se sont endormis abandonnés ou de celles qui ont parlé à se saouler ou qui se sont saoulé pour parler...Le souvenir des avant-repas apéritifs et des après-repas digestifs.
Sur les chaises, il y a le drap ou le coussin, Le matelas épais pour les plus chanceux, les plus choyés aussi. Il y a surtout le répit laissé. Celui de ne devoir rien dire, de pouvoir fermer les yeux quelques minutes, de sentir le soleil qui glisse sur la peau ou le vent frais qui traverse la chevelure. Les chaises, c’est le souvenir des moments à venir.

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