mardi 31 août 2010

Veau Marengo





Une petite livre de carbonnades de veau, la cuire dans l'huile. Des carottes, quatre petites jeunes, émincées en rondelles et des oignons épluchés et colorés par le feu moyen. Saupoudrer de sauge, un peu de laurier et une louche de bouillon. Une heure de cuisson à feu doux. Du poivre, du sel, deux cuillères à soupe de sucre, autant de vinaigre et laisser réduire. Avant de manger, glisser quelques brins de persil haché et quelques morceaux de pain frits. Le résultat est magnifique. Le repas est un plaisir.

Amours...


J'aime ma fille quand elle aime ses petits, j'aime mes petits quand ils aiment leur mère. J'ai souvent l'impression que chacun ne sait pas ce qu'il doit trouver chez l'autre mais j'ai souvent aussi l'impression que les uns savent très bien ce qu'ils font pour éviter de se frotter aux autres. Juste une parfaite manière de composer les uns avec les autres.

Le cousin...


Le cousin de là, croisé au hasard d'une visite. Le cousin de qui on n'envie ni le chien ni les ors. Mais un sacré cousin quand même. J'adore.

Slovénie


Les images tombent sur l'ordinateur tard dans la nuit. Contraste entre la lumière de là et l'obscurité d'ici. Les vacances en Slovénie se terminent et le petit peuple de Wallonie est rentré au pays après un long trajet sur les autoroutes allemandes encombrées. Les photos sont superbes, elles disent complicité et confiance. Insolite et curiosité. Des coups de beauté sur une drôle de famille qui va au loin trouver ce qu'elle cherche ici.

Bord de mer.


Les tomates sont bien dodues, rondes et goûteuses. Les crevettes grises viennent se caler au fond de la bulle rouge, dans un petit nappé de mayonnaise. C'est du belge du nord, du bord de la digue, de l'estacade. c'est repas de vent et de sel. Du repas de terrasses et de plage. Ce qui compte, c’est la subtile association entre les composants du plat. Le fruité de la tomate, la douceur vinaigrée de la mayo et le côté doucement épicé de la crevette. Tout le reste n’est que frioritures vicieuses. Sauf les frites, bien sûr. Une tomate crevettes sans frites, c’est comme une digue sans mouettes, un cuistax de moins de trois cents kilos, un cerf-volant qui vole, une semaine sans pluie sur la digue, une triple Westmalle sans cacahuètes. Ca n’existe pas. Ou alors, c’est parce que c’est une tomate crevettes de régime. Mais ça, c’est pour les malades.
Retirer le pédoncule des tomates. Les plonger brièvement dans l’eau bouillante, puis les plonger dans l’eau froide pour les peler délicatement. Cette opération se nomme émondage, comme pour les amandes. Etêter chaque tomate et les évider avec une cuillère à café. Saupoudrer légèrement l’intérieur de sel. Nettoyer, laver et essorer la laitue avant de la détailler en lanières. Eplucher les crevettes et en conserver quelques-unes pour la garniture. Garnir les tomates de crevettes et replacer leur chapeau. Répartir les lanières de laitue sur des assiettes fraîches. Poser la tomate crevettes au centre des assiettes. Garnir d’un brin de persil et de quelques crevettes. Accompagner de mayonnaise. Les frites enfin.

lundi 30 août 2010

Mille-feuille de boudin aux pommes.


Il me faut cuire les pommes de terre et en faire une purée gonflée de lait, de poivre, de sel, de noix de muscade. Les fines lamelles de pommes sont séchées au four pendant un petit quart d'heure. Je fais blondir l'oignon coupé en rondelles dans la friture. Je l'égoutte sur du papier absorbant. J'écrase légèrement le boudin, je dois le cuire. Celui-ci ne vient pourtant pas de cette petite boucherie de Leignon qui délivre des mètres de rouge chaire dans le boyau. Le jeudi matin, la production est sauvage et généreuse. Le jeudi soir, heureux sont ceux qui ont fait marché. Les autres sont déçus et tristes. Je monte le mille-feuille en alternant boudin et lamelles de pommes séchées, en incrustant les cuillerées de purée de pommes de terre.
La dernière partie de la confection du plat est une accumulation de gestes précis. Le mille-feuille est bien une superposition de gestes simples, une accumulation de feuilles et de lamelles. Le résultat est exaltant, raffiné comme ne l'est aucun boudin-compote. Du pur plaisir au palais. Un rendez-vous à prendre régulièrement.

samedi 28 août 2010

Côtelettes d'agneau à l'ail en croûte de fines herbes


Le boucher tout proche est, comme son collègue boulanger, en vacances. Pas de retour avant le sept septembre. Le papy y va donc d'un petit voyage vers le rocher Bayard au pied duquel la boucherie Baeken devrait nous apporter réconfort. Quelques côtes d'agneau pour cette recette qui promet. Les côtes d'agneau à l'ail en croûte de fines herbes. L'ail est pelé et émincé finement. je mélange beurre, farine et herbes jusqu'à obtenir une pâte lisse à laquelle j'incorpore l'ail. Les côtes sont superbes, viandeuses, je les enrobe de la préparation avant leur passage au four.

Arrosée d'un filet d'huile, elles vont se faire dorer pendant huit minutes. Les tomates cuisent aussi, un peu plus longtemps, au four et arrosées d'un bouillon de poule, elle vont se défaire sous le grill. Les tomates sont posées à côté de la viande sur des assiettes chaudes. Du bouillon pour saucer. Le repas est succulent. Les saveurs sont préservées par la cuisson précise. J'aime ces délicieux instants de grignotage. S'attarder sur l'os mais aussi savoir que la grillade fait la fête aux saveurs. J'ai préféré faire confiance à la baguette paysanne qu'au plat de pomme de terre. J'ai bien fait de choisir la simplicité.

vendredi 27 août 2010

Encore...


Passer à la casserole. Une de ces expressions qui a mauvaise presse. Les moules cuisent vite et bien. Les légumes font parfaitement ce qu'on attend d'eux. le nez court entre tiges, feuilles et mollusques. J'aime.

Vin blanc ou marinières ?


Les moules avant d'être "marinières" ( à moins qu'elle ne soient vin blanc) vont passer à la casserole. Elles seront d'abord brossées sous l'eau et les plus volages, ouvertes et insouciantes vont être écartées. Il me faut leur couper le poil sous le nez, la barbe. Il me faut leur gratter la coquille. J'épluche et j'émince ensuite deux oignons, quelques carottes et le poireau. Les branches du céleri sont lavées et coupées en petits dés, en lanières. Le persil subit un sort semblable. Sortons la big mama, cette casserole qui travaille pour nourrir six personnes. L'oignon revient dans le beurre et puis c'est le mariage des légumes. Un peu d'eau, de vin blanc, du Saint Véran pour le coup, le bon coup... Sel, poivre et température élevée, les moules tombent à pic pendant huit minutes pour un ballet, secoué de temps à autre, qui les fera s'ouvrir. Des frites dans l'assiette toute proche et la bouche s'emballe, c'est la grande aspiration, la belle danse sous le palais, le jeu des grands splatch et des beaux slurps. Chez ces gens gens là, monsieur, on ne mange pas, on goûte.

pain fourré


La pluie a frappé vitres et portes avec une vigueur peu commune. Grandes giboulées de la fin de la nuit et averses lourdes et grises de la matinée. Maintenant, pour combien de temps, le soleil est venu montrer le bout de son disque. Pour le repas rapide de la mi-journée, un petit pain fourré. Un lit de salades, de la roquette, des feuilles de chêne et quelques feuilles d'épinards, une lamelle de prosciutto humide et odorante. des rondelles d'oeuf dur, quelques tranches de tomates cerise. un peu de mayonnaise et le pain se referme sur lui-même. Délicieux instants de cantine, de réfectoire, de bureau, d'office. Ce lieu où je partageais jadis mes repas avec mes consoeurs. Des instants de repas volé au temps.

mercredi 25 août 2010


L'espalier est gavé de pommes. Je ne parle aux pommes que pour les convaincre de se marier avec le sucre, la viande, la volaille, la pâte salée, le boudin, la friture. Les pommes doivent encore se faire une santé dans la saison. Il faut du temps encore aux pommes pour goûter la pomme, sentir la pomme , croquer la pomme.

Carbonnades de porc à la sauge.

Heureuse de voir le message d'Aurélie du Saint-Hadelin. Heureuse de voir l'extrême compréhension et la tendresse de ses propos. Heureuse aussi de savoir l'abutilon en meilleure forme. Trempé dans ses jus d'amendement. Changé de pot et renforcé d'un tuteur solide. Il a souffert cet été de la chaleur et de la pluie mais il a résisté et s'est fortifié au fil des semaines. Il est devenu un charmant jeune homme aujourd'hui. Heureuse de voir les pommes deux fois plus grosses et colorées que l'an dernier, en chemin vers une récolté riche et dense.
Heureuse de me sentir bien sous le soleil, les nuages d'ici et les vents de là. Heureuse de regarder voler les hirondelles. D'écouter marcher les étrangers sur ma terre. Heureuse de prendre une baguette au petit magasin du coin, quelques gaufres et le vin qui ravira mon homme. Heureuse de ma promener dans les allées du jardin, de voir d'autres fleurs venir bousculer les précédentes. Heureuse encore de préparer l'hiver au milieu de l'été. De faire un plat du froid au milieu du chaud. Heureuse d'avoir donné au papy un repas de combattant. oui, un repas de combattant... Ce soir, des carbonnades de porc à la sauge. Trop tôt dans la saison diront les uns, jamais trop tôt diront les autres. Un petit kilo de carbonnades de porc cuisent dans quatre cuillères à soupe d'huile. Les oignons et le lard vont revenir... D'où encore ? Il faudra le feu laisser faire pendant une heure... avec dans la casserole, outre l'huile, deux cuillères à soupe de sauge, trois verres de vin rouge, deux cuillères à soupe de moutarde et cent grammes de lard fumé. Une heure, je vous ai proposé de laisser faire. Le feu doux. Tout doux. Heureuse donc de goûter et d'apprécier le repas du soir, de l'avant-nuit, de la presque soirée et de la fin de journée. Il fait un beau ciel lourd dehors mais le vent est discret et je traîne dehors dans la nuit qui vient.

dimanche 22 août 2010

Saint-Hadelin


Il nous arrive, le soir, pendant les week-ends d'été ou de la période du gibier, de descendre au petit restaurant du village. Préféré entre les autres voisins sans doute parce que, jadis, les propriétaires étaient nos proches fourchettes d'accueil. A Sorinnes, nous avons mangé en brasserie sans vraiment y être, en salle sans vraiment y être non plus. Ils ont déménagé, nous aussi. Ils sont venus s'installer au bas du village avec la même ferveur de l'accueil qui était déjà leur marque d'attention et de qualité. Le Saint-Hadelin partage, à ce moment de l'été, sa terrasse avec la petite salle qui accueille une trentaine de couverts par service. Nous sommes venus boeuffer ce dernier samedi. Nous repaître de viande rouge. Le papy en avait une sacrée envie. Rien qu'une envie ordinaire. Un Chateaubriand à peine cuit partagé également dans nos assiettes. J'avais insisté pour un vin rosé ou presque, le Pinot noir était merveilleux, importé par un caviste de Falmignoul. Il s'agissait d'un exercice gourmand pas d'une envie gastronomique. Ce fut, comme nous l'attendions, copieux et aimable.
De ma place, je voyais les cuisines où le chef en grande fatigue-la saison est bien longue- donnait ses dernières forces de la soirée. Sa dame, en salle, donnait ses plus beaux sourires. Une complicité qui repose sur un savoir-être autant que sur un savoir-faire. Dans quelques semaines, ils ouvriront les portes de l'hôtel, sur la place. Une quinzaine de nuitées possibles, la demi-pension, les petit-dejeuners. Un pas de plus dans la vie. Un pas de plus dans l'envie de faire mieux. Quand nous quittons la salle, Aurélie m'embrasse et embrasse le papy. C'est inattendu et d'une autre époque, pas d'une autre région.

samedi 21 août 2010

Gêne...


Le soleil s'est à nouveau imposé aux petits arbres. L'orme, le plus petit des deux, a la coiffe qui se dore. Une rousseur inattendue et maladroite. Il s'est fait plus discret. Gêné.

Chèvre...


La toile n'est pas avare de commentaires sur le fromage au lait de chèvres. Si les laits de la vache et de la chèvre ont le même taux de matière grasse, la composition du lait de chèvres en acides gras spécifiques contribue au goût caractéristique des fromages de chèvre.
Dans les régions où l’on élève des chèvres, de nombreuses sortes de fromage de chèvre sont produits : frais ou affinés, secs ou enrobés de cendres, de raisins, d'herbes aromatiques diverses, d'épices (poivre, safran...), de miel, marinés dans de l'huile d'olive ou dans du marc de raisin. Les fromages de chèvre peuvent se déguster frais ou affinés plus ou moins longtemps. Frais on peut les utiliser dans les salades ou chauds sur une tartine, d'autres les apprécient bien faits, accompagnés de confitures : cerise noire, figue, orange ou coing. Très affinés les fromages peuvent devenir secs et très durs se défaisant en strates comme des ardoises.
Au niveau vin, il est très déconseillé d'accompagner les fromages de chèvres d'un vin rouge, à l'exception des vins cuits ou porto. Les vins blancs sont les plus conseillés comme les vins moelleux ou les bourgognes aligotés et les sauvignons de Touraine. Saint-Aubain, la grande fromagerie de Namur fait la part belle aux petits producteurs locaux et réserve un échantillon très large de chèvres frais travaillées, accompagnés.Seules quelques boutiques sur roues du marché du samedi font plus rêver le gastronome. Le lait de vache y est à la fête et l'affinage goûteux, secret.

vendredi 20 août 2010

Volaille, crème, pommes, curry...


Les pommes et la volaille. Le curry et la crème. Une recette qui bouscule le palais Faites ceci : Émincez l'oignon et faites-le colorer à l'huile d'olive, dans une poêle. Ajoutez les escalopes de poulet émincées et faites revenir le tout pendant cinq minutes. Pendant ce temps, pelez les pommes robustes qui donneront à la cuisson de la rigueur, coupez-les en gros quartiers. Au bout de cinq minutes, ajoutez les pommes dans la poêle. Saupoudrez avec le fond de volaille, ajoutez deux verres d'eau. Assaisonnez ensuite avec le curry ( je jette dans la poêle une cuillerée à café bien bombée de curry) et le poivre, selon votre goût et laissez mijoter de quinze à vingt minutes. En fin de cuisson, ajoutez la crème fraîche allégée. Une tendresse. Dehors, les saveurs se sont promenées sur les graviers. Nous avons dîné de ces envies douces et de ces petites bouchées tendres.

mercredi 18 août 2010

Penne and co...


Allez, faites ceci : Lavez les légumes, coupez les aubergines en petits dés, retirez le pied des champignons et émincez-les finement. Egouttez bien les asperges et coupez-les en deux. Pilez la gousse d’ail et émincez l’oignon. Coupez les tranches de bacon en petits morceaux. Dans une poêle, faites revenir à feu doux l’oignon émincé et l’ail pilé pendant trois minutes dans l’huile d’olive. Ajoutez ensuite les aubergines, les champignons et les petits morceaux de bacon pour les dorer. Laissez cuire pendant quatre minutes. Versez ensuite le coulis de tomates et ajoutez les asperges. Laissez cuire le tout, à feu doux, couvert pendant trois minutes. Réservez ensuite les légumes hors du feu. Faites bouillir une grande casserole d’eau salée, et plongez-y les pâtes, sept minutes ici. Egouttez-les dans une passoire, remettez les légumes sur le feu et ajoutez-y les pâtes. Enfin, versez cette préparation dans un plat au four et recouvrez-la de fromage râpé. Enfournez pendant vingt minutes. Un plat riche en légumes du soleil qui vont fournir en grande quantité des vitamines, des minéraux et beaucoup de fibres. Un plat riche qui va faire des heureux ce soir. Entre four et cuisson, je laisse mes pas me conduire dans le jardin pour une promenade entre fleurs et fruits.

mardi 17 août 2010

Côtes...


Des côtes d'agneau. Grillées, les côtes d'agneau. Faire une histoire de ces graisses qui grésillent. J'aime beaucoup les trouvailles du papy dans les boucheries de la région. Il est, je suis, nous sommes curieux de ces morceaux de viande que le boucher frappe, hache, tranche, coupe. Une côte d'agneau qui se fait gourmande, achetée en dernière minute, quand le dimanche ferme l'étal à midi. J'espérais le bon temps, même pas le soleil. J'ai reçu la pluie. J'ai fait dorer la viande sous le grill.

dimanche 15 août 2010

Pluie.


Journée grise et froide. La pluie qui glisse. La pluie qui goutte. La pluie qui tombe. La pluie qui lave. La pluie qui salit. La pluie qui noie. La pluie qui gronde. Il fait un temps de pluie. Pour trois jours parait-il.

Les oublies.


Quelques mots sur la pâtisserie dans la cuisine de Ségolène. Il fut un temps où il était difficile de faire la différence entre pâtissier, boulanger et oyer rôtisseurs. Ces derniers en effet confectionnaient des pâtés de poisson, de volaille et de viande. Ce qui est certain est l’étymologie de leur nom. Il vient de pâte, pasta en latin et en grec où il désigne une sauce ou une bouillie de céréales. Les pâtes sont des préparations de farine mélangée à d’autres ingrédients. Cela a donné du pain, des galettes et des biscuits en tout premier lieu confectionnés par des boulangers, des pâtissiers et des biscuitiers.
A l’origine, ceux que l’on nommait boulangers confectionnaient des pâtes dans lesquelles ils incorporaient des hachis de viande, de poisson voire même des mélanges sucrés souvent à base de fromage frais ou des crèmes. Plus tard le nom devint pâtissier en référence à la matière de base de cette profession. Mais cette profession était très spécialisée, chaque artisan ne pouvait préparer qu’une seule préparation dont il prenait le nom. Il y avait des échaudeurs qui fabriquaient des échaudés, sorte de galettes pochées dans de l’eau bouillante, des gimblettes. Des gastelliers qui fabriquaient des gasteaux, talmousses, craquelins. Des oubloiers qui proposaient des oublies - fines gaufres enroulées en cornet- ils pratiquaient la vente ambulante dans les rues. hormis certains dimanches de fêtes où ils créaient des oublies décorées d’inscriptions ou de motifs religieux et les vendaient. Et les gaufriers des gaufres. D'ici pas loin, une galette roulée autour d'une crème au beurre, une galette achetée ce matin à dix kilomètres du jardin dans une pâtisserie de village, à Haversin.

samedi 14 août 2010

Risotto aux gambas et courgettes.


C'est la matière grasse qui s'abandonne et les oignons qui fondent. l'ail viendra après. Les petites lamelles de courgettes doivent faire bonne figure mais fondre et réduire en envergure et taille. Le riz cuit ailleurs.
Il va se marier à la préparation au moment où les gambas arrivent dans la poêle. Cela se mange doucement avec un bout de pain.

jeudi 12 août 2010

Gaufre et galette...


Je m'en remets à l'histoire partagée sur la toile. Si elle trouve son origine dans une coutume calendaire, la gaufre se trouve aujourd'hui tout au long de l'année chez les boulangers ou dans les supermarchés. Les gaufres sont inséparables du monde de l'enfance et du temps de la fête. Mais les gourmands d'aujourd'hui, qui mordent à belles dents dans ces gâteaux si semblables à des rayons de miel, en se riant de la chaleur qui brûle leurs doigts voire des moustaches de sucre glace qui leur poussent, savent-ils que les gaufres comptent parmi les plus anciens desserts ? La capitale du plateau de Herve était réputée pour ses gaufres. Elles avaient un goût de cannelle prononcé. Elles étaient plus grandes et carrées, avec de gros trous. Des femmes descendaient du train à Fléron puis dégringolaient le chemin qui mène à Bouhy pour aller vers la vallée de la Vesdre vendre leurs produits par douzaine ou demi-douzaine. Elles avaient de grands paniers qu'elles portaient sur la tête ou aux bras. A Aywaille, dès le mois de juillet, les marchands vendaient des galettes fourrées aux cerises, aux prunes ou à la confiture en criant : "A deûs çanses èt d'mey lès galèts d'Ewaye !" Omer Marchal dit que ces grosses galettes à vingt-huit ou à trente-deux trous, pétries à la pâte à pain, truffées de demi morceaux de sucre, sont à tremper dans le café parce que, au bout d'une seule nuit, elles sont dures comme de la pierre. Leur cuisson occupe toute la veillée. La mère a mis la pâte dans le coffre du feu en même temps qu'elle a dressé la table pour un rapide souper. Elle graisse le fer avec une couenne de lard trempée dans la vieille tasse de saindoux. En Hesbaye et dans le Condroz liégeois, la première gaufre prenait la forme d'une croix. Elle était réputée incorruptible pendant l'année en cours. Placée sur la tablette de la cheminée, elle devenait un gage de bénédiction. En Ardennes, les gaufres se cuisaient avec un fer à cinq trous sur huit tandis que dans le Brabant wallon, le fer à grosses mailles était employé.
Les gaufres ont toujours des appellations locales : "wafes", "galets" et "galettes". Il y en a de différentes espèces : les grosses gaufres, les fines gaufres, les gaufres molles, les gaufres en pâte feuilletée, les gaufres de chasse, les gaufres de saison aux fruits frais (cerises, prunes, myrtilles) - les quatre-quarts. Nous savons que souvent, on fait peu de différence entre "li wafe" et "li galêt" ; toutefois, nous croyons qu'il y en a une, comme entre "li galêt" et "li galette". Interprétant le sentiment populaire, nous pensons que le galet serait la gaufre rectangulaire, de toute l'étendue du fer à gaufres, mais plus fines que la gaufre, faite à la vanille au lieu de cannelle ; au sucre blanc au lieu de sucre candi. La galette serait une réduction du galet, plus plate, soit ronde, soit ovale, et de qualité extra.

mercredi 11 août 2010

L'anis de Flavigny.

Il est revenu mon vieux avec, en bouche, la saveur de l'anis de Flavigny. Une boule sauvée d'une boite de l'abbaye proposée par une de ses collègues sans doute sensible à son charme gourmand. En 1814, on dénombre huit fabricants d’anis qui avaient pris la relève des moines à la fabrication du bonbon dans le village et dans l’abbaye. En 1846, la turbine à dragée remplace l’antique "branlante". On n'invente pas les termes d'une pratique besogneuse. Peu à peu, un seul fabricant, Jacques Edmond Galimard achète les autres fabriques d’Anis du village pour n’en former plus qu’une seule au sein de l’ancienne abbaye. Le bonbon est fabriqué avec de l’anis vert. Il s’agit d’une plante, Pimpinella anisum qui est à distinguer du fenouil (le légume) ou de l’anis étoilé (la badiane de Chine, fruit d’un arbre exotique). L’anis dont nous parlons est une ombellifère et ses petits fruits ovoïdes, striés longitudinalement, ont une saveur chaude, piquante et une odeur remarquablement aromatique.... Ils se la partagent au bureau du papy. J'aime la boite, l'emballage. Cela fait partie de l'envie des gens de consommer.

mardi 10 août 2010

hachis parmentier de confit de canard (2)


La table se fait délicate et lointaine. Des saveurs de l'autre bout du sud.
Les pétales, ces bouts arrachés de l'animal, du canard ont une belle gueule. Je mange avec le respect de ceux et celles qui savent ce qu'ils gagnent à partager le palais et les dents avec de nouvelles habitudes.
Ma chérie est, sur Liège, attaquée et meurtrie par une maladresse de la digestion. Vite guérir avant le voyage vers l'est. Avant la Slovénie. Il pleut dans la nuit tombante.

Hachis parmentier de confit de canard.


Le canard est venu en droite ligne du Sud-Ouest. Il a bien fait de remonter de cette petite commune française située non loin de la frontière espagnole, près des Pyrénées, trempée dans le département des Landes et la région Aquitaine. Confire signifie conserver par des produits appropriés, ici de la graisse de canard. Il s'agit d'une très vieille recette selon laquelle la viande est cuite et conservée dans la graisse. En fait, la couche de graisse protège la viande de l'air et des micro-organismes. En la couvrant de sel, la viande perd son eau et se débarrasse ainsi des micro-organismes qui ne peuvent plus se développer. Le sud-ouest de la France est célèbre pour ses confits préparés à partir de viandes suffisamment grasses (comme le canard, l'oie ou le porc) pour pouvoir être conservées dans leur propre graisse. La boite est solide, raide et claire. Je l'ouvre avec un rare bonheur et une certaine appréhension toutefois. La conservation doit être parfaite. Je fais blondir les oignons, quelques lourdes poignées, jetées dans la graisse qui enrobe les cuisses. L'odeur est transport et plaisir promis. Je vais plonger dans le four les cuisses qui deviendront des lambeaux presque grillés et caramélisés au contact de la flamme et des oignons. Une vingtaine de minutes et la purée qui s'enroule autour de la cuillère. Bientôt au fond du plat le lit d'oignon et de viande qui supporte la purée. Encore du temps pour griller. "griller tout seul", je rassure le papy qui s'impatiente. Laisser faire. Cette recette bouscule les saisons, c'est pour plus tard pour l'hiver. Nous disions donc que les nuits à sept degrés nous autorisaient la préparation. L'odeur a empli le salon, la cuisine et même le bureau. Il faut laisser faire les saveurs. Maintenant une légère croûte dorée vient coiffer le plat. Un temps pour toute s les bonnes choses.